Arrivée en France en 2021, la cigarette électronique jetable a connu une popularité fulgurante avant d’être interdite à la vente depuis le 25 février 2025. Pourtant, le sujet reste d’actualité : des produits circulent encore, les alternatives se multiplient, et les questions sur les prix et la composition de ces dispositifs restent nombreuses. Voici ce que les notes disponibles permettent d’établir.
Un produit simple, une composition qui l’est moins
La puff se présente comme une petite cigarette électronique prête à l’emploi, sans bouton ni réglage : elle s’active à l’aspiration. Son réservoir et sa batterie sont non rechargeables, ce qui la distingue des kits classiques de vapotage. À l’intérieur, on trouve du propylène glycol, de la glycérine végétale, des arômes et, selon le modèle, de la nicotine à des dosages variables.
C’est précisément là que le bât blesse. La nicotine utilisée dans ces dispositifs se présente sous forme de sels, absorbés bien plus rapidement par l’organisme que la nicotine classique. Et si la limite légale dans l’Union européenne est fixée à 20 mg/mL (soit 2 %), certains modèles retrouvés sur le marché dépassaient ce seuil. Pour quiconque cherche à comparer les tarifs ou comprendre ce que recouvre l’offre disponible, un guide sur les prix des puff permet de s’y retrouver dans un marché devenu très hétérogène.
En termes de contenance, les modèles les plus répandus offraient entre 600 et 1 000 bouffées. Les prix oscillaient généralement entre 8 et 12 euros pour 600 bouffées, et jusqu’à 17 euros pour des références à 9 000 bouffées. Des circuits informels permettaient d’en obtenir pour moins, sans aucune garantie sur la composition réelle du produit.
Une interdiction votée à l’unanimité, appliquée avec difficulté
Le 4 février 2025, l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité l’interdiction des cigarettes électroniques non rechargeables en liquide. Le Sénat a suivi le 13 février, et la loi est entrée en vigueur le 25 février 2025. La France devient ainsi le deuxième pays européen à franchir ce pas, après la Belgique qui avait agi dès le 1er janvier 2025.
Les sanctions prévues sont lourdes : jusqu’à 100 000 euros d’amende pour une première infraction, 200 000 euros en cas de récidive. La DGCCRF est chargée des contrôles. Pourtant, le Dr Philippe Arvers, médecin addictologue, résumait bien la situation : « Faire des lois, ce n’est pas compliqué. Les faire appliquer, c’est plus problématique. » Des puffs restent accessibles en ligne ou dans certains points de vente qui ne tiennent pas compte des sanctions encourues. Par ailleurs, des versions équipées d’une batterie rechargeable mais d’une cartouche non rechargeable occupent une zone grise que la loi ne couvre pas systématiquement.
L’interdiction s’inscrit dans le Programme national de lutte contre le tabac 2023-2027, qui prévoit aussi l’extension des espaces sans tabac et un renforcement des contrôles d’accès pour les mineurs, particulièrement visés par ces produits aux arômes sucrés et au design coloré.
Vers quoi se tourner aujourd’hui ?
Depuis l’interdiction, la plupart des anciens utilisateurs de puffs se reportent sur des systèmes pods rechargeables. Ces kits compacts, disponibles à partir de 18 à 20 euros, offrent davantage de maîtrise sur le dosage en nicotine et la saveur. Les e-liquides compatibles coûtent entre 3 et 10 euros pour 10 ml, un flacon représentant en moyenne 3 000 à 3 500 bouffées, ce qui rend ces dispositifs nettement plus économiques sur la durée.
Le marché français de la vape reste le plus important d’Europe, avec près de 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et plus de 4,5 millions d’utilisateurs, dont l’immense majorité sont d’anciens fumeurs.
La puff jetable appartient désormais, en théorie du moins, au passé du marché français. Ce qui reste en suspens, c’est l’application effective de la loi et la capacité des alternatives rechargeables à convaincre durablement les anciens utilisateurs de ne pas se rabattre sur des circuits non contrôlés.






